lundi 18 mai 2020

Lettre ouverte à destination de M. Longuépée, 18 mai 2020


ULTRAMARINES BORDEAUX
BP 10 006
33 007 Bordeaux



Bordeaux, le 18 mai 2020



À l’attention de M. Longuépée, Président délégué du Football Club des Girondins de Bordeaux.


Nous avons pris connaissance de vos notes internes et de votre intervention dans la presse. Naturellement, nous tenons à y réagir publiquement.

Alors que le club des Girondins de Bordeaux traverse une crise sans précédent, ces déclarations amènent la preuve irréfutable de votre totale déconnexion des réalités, ainsi que de votre mépris généralisé envers celles et ceux qui font et qui ont fait l’institution. 

Le club est accusé, acculé, et vous n’avez aucune défense ou justification à apporter. Vous vous contentez de tonner, donnant comme seule réponse à toutes les interrogations qui rongent les supporters une éventuelle contre-attaque juridique. 
À ce sujet, nous sommes pleinement conscients des risques que nous avons pris en diffusant ces « leaks ». Nous les assumons comme nous assumerons si besoin notre rôle de lanceurs d’alerte. Comme nous le disions il y a une semaine, il en revient du droit à l’information : nous préférons être pénalement responsables de ces fuites que moralement coupables de les avoir dissimulées. 

Notre club est, à la différence de vous, ce que nous avons de plus cher. À l’heure où vous le précipitez droit dans le mur, à l’heure où l’ombre du dépôt de bilan plane sur le château du Haillan, à l’heure où vous l’avez exposé à des poursuites judiciaires, notre silence aurait été complice. Ne comptez pas sur nous pour vous laisser faire. Cela aurait été de la non-assistance à club en danger.

Nous le répétons : vous portez l’entière responsabilité de la descente aux enfers des Girondins de Bordeaux, du visage inhumain qu’il revêt aujourd’hui. Vous avez entrepris une opération de démolition d’un patrimoine historique et de discrédit généralisé. Vous avez raison : des personnes veulent nuire au club. Mais vous en êtes le chef de file. Nous vivons votre présence au château du Haillan comme une intrusion frauduleuse. Tous les matins, la colère nous monte en vous imaginant entre les murs d’un lieu si sacré.

Vous vous êtes mis à dos des sponsors du club, des anciens joueurs, un nombre incalculable de supporters, la presse, le football régional, une partie de vos salariés – entre autres –  à grand renfort de coups bas, de mensonges et de calomnies.
Vous avez créé un conseil des membres, afin de vous assurer une caution populaire que vous ne pouviez obtenir avec nous : en leur mentant, en leur remplissant la tête d’idées fausses, en leur faisant miroiter un rôle au sein de leur club de cœur, vous avez fait ce qu’un Président peut faire de pire. 

Alors, aboyez, M. Longuépée. Encore et encore. Nous n’avons pas peur de vous, et encore moins de votre bras droit, M. Thiodet. Pour tout vous dire, nous éprouvons même de la compassion : les mensonges répétés de ce dernier témoignent de toute évidence d’un problème humain et psychologique profond, d’une perte totale de contrôle. Si nous ne sommes pas allés plus loin dans nos révélations, c’est aussi parce-que nous n’aimons guère nous acharner sur des hommes à terre. Pourtant, ni vous ni lui n’avez eu cette bienveillance à l’égard d’un certain nombre de salariés, poussés à la démission voire à la dépression depuis votre prise de pouvoir.

Nous aurions pu être moins précautionneux, diffuser l’intégralité de vos mensonges et de vos manipulations, ou révéler l’ensemble des informations qui nous ont été confiées par certains de vos collaborateurs.

Nous aurions pu – ou nous pourrions – faire une saison 2, une saison 3. Nous pourrions également transmettre l’intégralité de ces bandes à la presse. Ce ne sont pas les propositions qui manquent, d’ailleurs, vous vous en doutez. Pourtant, nous avons tenté de faire preuve de mesure, de discernement, en dépit de la colère et du sentiment de dégout qui sont les nôtres.

Quant à la justice, si vous souhaitez vraiment que nous nous y rencontrions, nous irons. Elle sera très certainement ravie d’enquêter sur ces enregistrements. Nous vous suggérons d’ailleurs de leur remettre vous-même, puisque vous possédez ces huit heures d’enregistrement. 

Non, vraiment, M. Longuépée, n’insistez pas. 

Vous avez menti, vous nous avez salis dans notre dos, vous nous avez diffamés, vous avez inventé des histoires à dormir debout afin de nous discréditer, jusqu’à prétendre que nous menacions physiquement des compagnons de route. Vous méprisez les anciens joueurs, d’anciennes gloires, vous mettez en danger le club. Et vous n’êtes même pas supporter des Girondins de Bordeaux ! 
 
Continuez de geindre si vous le voulez, en vous demandant pourquoi nous refusons le dialogue. Il est impossible, mort, et enterré. Même des excuses publiques ne refermeraient pas les cicatrices que vous avez creusées. Une démarche dont, d’ailleurs, vous êtes loin, préférant porter les supporters du club devant les tribunaux.

N’insistez plus. Partez. Vous avez fait trop de mal à ce club.

Et même si vous êtes aujourd’hui très atteint personnellement par la situation, voyez les choses du bon côté. Vous ne le serez jamais autant que les milliers d’amoureux de ce club que vous avez fourvoyés, trahis, et humiliés et qui se demandent chaque matin si ce qu’ils ont de plus cher ne va pas disparaître.   

Bien cordialement

Ultramarines Bordeaux 1987