mardi 12 mai 2020

Leaks, débrief #2

Combien d’entre nous ont connu leur premier flirt avec les Girondins, depuis les rangs des tribunes de face et d’honneur du Parc Lescure, avec leurs coéquipiers de clubs de foot ? Combien de relations passionnelles avec le maillot au scapulaire sont nées lors de ces sorties annuelles très attendues, aux quatre coins de la région ? Qui n’a jamais croisé le regard émerveillé de ces enfants bruyants, en route vers le stade, en rangs d’oignon ?  Qui ne les a jamais vus, sortir triomphants des gradins, conquis par notre club, son stade, son ambiance ?

Alors, quand M. Thiodet dynamite les relations entretenues par le club avec les clubs de foot, il s’attaque à l’histoire de beaucoup d’entre nous, pour certains même à notre baptême du feu auprès de nos Girondins. Des moments qui ne s’oublient pas, même après une vie passée en tribune.

M. Thiodet est on ne peut plus clair : tous ces enfants, qui garnissent les gradins de nos stades depuis plusieurs décennies, seraient ainsi le fruit de la « charité ». Vous, qui êtes venus gosse avec votre club de foot et que la passion n’a jamais lâché, vous ne seriez que le produit de la charité. Peut-être même n’existez-vous pas, puisque les Girondins « n’ont pas de relations fortes avec les clubs ». Nos pensées vont immédiatement à celles et ceux qui ont construit ces relations, ainsi qu’aux bénévoles qui accompagnent chaque année ces gamins en tribune. Et cela nous met la rage.

Nous pourrions rentrer dans les détails de la nouvelle politique du club en la matière, mais nous ne le ferons même pas tellement tout a été résumé dans cet enregistrement. Pourquoi inviter des gosses –dans des tribunes désespérément vides – alors qu’on pourrait faire cracher à leurs dirigeants « 3 000 » afin d’avoir un « retour sur investissement entre 10 et 15 000 ».

C’est une marchandisation de la passion, une sélection par l’argent, le monde à l’envers, en somme. Un monde cher à M. Thiodet, où les petits paient pour les grands. Où les amateurs paient pour les professionnels. Un raisonnement nocif, où l’on ne cherche plus à conquérir les cœurs mais où l’on cherche à vider les portefeuilles.

Quant aux allégations qui suivent, elles sont la suite logique de l’épisode 1 : il existerait donc un complot international, rassemblant pêle-mêle les Ultramarines, Christophe Dugarry, Joe DaGrosa, Benoit Trémoulinas et bien d’autres, qui, sous la houlette d’une attachée de presse, chercheraient à nuire au projet de M. Thiodet.

Si nous sommes déjà habitués à ce genre d’inepties, les intéressés, eux, apprécieront.

Ultramarines